Écrire et ré-enchanter le monde.
- Christine BERODIER
- 22 mai 2019
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 oct. 2023

Pour chanter la nature et forcément la Vie, il faut une musique aux accents enchanteurs ; quand la poésie fait serpenter les mots telle une rivière qui jaillit de sa source. C’est un amour sauvage, puissant, comme un souffle issu des profondeurs qui nous est inspiré et/ou rappelé.
Et la forme éveille un écho qui a trait à l’âme, à l’essence la plus sensible, la plus ancienne, la plus belle sans doute car la plus sincère. Nous nous retrouvons à nouveau nus, tel le jour de notre naissance. La parabole est l’autre face du miroir dans lequel nous voyons le monde et ce reflet trouble de la place que nous tenons dans « le Vivant », ce grand organisme palpitant qui nous porte et que nous portons aussi en nous, comme une empreinte indélébile. Elle est le conseil à entendre et à intégrer car il est précieux ; il porte en lui « les clefs » d’une porte secrète.
L’Eco-poésie est un langage, le message d’espoir ultime, celui qui surgit enfin alors que tout semble perdu. La technologie, l’argent, la politique, échouent et enfin, nous nous « déshumanisons » de terreur, de culpabilité, de chagrin aussi et cela nous permet de réactiver, de toucher cette part de nous enfouie, oubliée.
Elle hurle pour la Vie, le Vivant qu’elle chérit fondamentalement, inconsciemment et l’enfant en nous peut enfin écouter, parler, chanter, danser pour et par la Vie tout simplement.
La nature est magie puisque la Vie l’est. Cette notion ne peut-être qu'affirmation à celui qui sent pulser le "Grand Coeur" du monde.
Si nous quittons nos lunettes scientifiques, cartésiennes, celles qui cataloguent et classent dans des petites boîtes. Celles qui autopsient, découpent pour garder le contrôle avec le mental rigoriste, le pouvoir, quitte à sacrifier le dernier spécimen ou pire encore ; l’avant dernier identique mais différent, celui complémentairement précieux, qui permettait encore la reproduction, la survie.
L’œil peut alors voir à nouveau que la magie est simplement le vol d’un oiseau qui n’est qu’un signe de grâce dessiné dans le ciel, son chant un arpège pour enchanter les cœurs, comme une fleur est une palette de joie et de vie qui s’épanouit sous un rayon d’or et de Lune…
Tout sauf l’uniformité, le terne, le triste, le catalogué, le formaté, le cloné, le cloisonné, … Ce qui est déjà la fin, l’agonie lente et enfin la mort..
La Vie est précieuse de toutes ses différences, de ses couleurs, de ses goûts, de ses sons, de ses renouvellements qui jamais ne cessent ; Elle Est !
Il faut pouvoir, savoir se détacher des dogmes, des couches de civilité, du formatage, des mémoires usées, du confort trop amollissant quelquefois pour pouvoir à nouveau « Aimer » et se laisser ainsi ré-enchanter. Oublier ce qui nous fut inculqué, tout ce que l’on croit savoir, briser nos chaînes qui, sous des airs mordorés n'en sont pas moins cruelles et nous déchirent l’innocence et la Terre et toutes ses vies, sans émotions, ni remords !
Enfin libérés, nous ne pensons plus, nous ressentons enfin.... Et nos yeux fermés nous apportent les visions nécessaires à nos libérations. Alors nous pensons autrement, nous vivons autrement et nous nous relions à nouveau au Vivant au "Grand Tout" et enfin à tous les Êtres qui constituent cette spirale infinie, qui n’a ni début, ni fin… Forcément.
Prenons ce droit enfin de nous réapproprier l’Innocence qui n’a rien à voir avec la naïveté, qui n’est sans doute pas d’ailleurs, la plus abominable des tragédies de nos sociétés…
Alors me viennent les mots ; « Femmes solaires au service de la Vie » qui peuvent tout aussi bien être «Hommes solaires au service de la Vie » et tout ceci touche déjà à l’Universalité et au partage.
Et nous pouvons chanter la Vie et ainsi ré-enchanter le monde et tous ceux qui veulent bien nous entendre et pourquoi pas, chanter avec nous.
Image : pixel2013 - Pixabay
Pour la"petite histoire", j'ai écrit cette présentation de l'écopoésie dans le cadre d'un appel à proposition pour un colloque en 2015. Il a été refusé car lui et moi ne correspondions pas aux pré-requis. Je reste néamoins fidèle à cette définition qui résonne encore fortement en moi.
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